Par Audrey Rizzarello, Psychologue, Directrice du CRESP
On imagine souvent le psychopraticien dans son fauteuil, face à son patient, à écouter. Ce moment existe — mais il ne représente qu’une partie de ce qui constitue une journée de travail réelle. Voici, vue de l’intérieur, ce que c’est vraiment.
Il est 8h15. Je suis dans mon bureau, avant le premier patient. Pas encore en posture de thérapeute — encore en posture de préparation. C’est un moment que je protège depuis le début de mon exercice, et que je ne négocierais pour rien. Vingt minutes, peut-être trente. Café, silence, revue rapide des dossiers du jour.
Ce rituel peut sembler anodin. Il ne l’est pas. Recevoir quelqu’un en psychothérapie suppose d’être disponible — vraiment disponible, pas juste présent physiquement. Cette disponibilité ne se décrète pas : elle se prépare.
8h30 — La préparation des séances
Avant de voir mes premiers patients, je relis mes notes de la séance précédente pour chacun. Pas pour avoir un plan de séance — la psychothérapie ne fonctionne pas avec des plans. Mais pour me remettre là où nous en étions. Ce qui avait émergé la dernière fois. Ce qui était resté suspendu. Ce que je voulais ne pas perdre de vue.
Cette relecture prend en moyenne cinq minutes par patient. Sur une journée de six personnes, c’est une demi-heure de préparation clinique. C’est du temps de travail à part entière, invisible pour les patients, indispensable pour la qualité de l’accompagnement.
Je note aussi parfois ce qui s’est passé entre les séances — une association d’idées, un rêve qui me semble résonner avec le matériel clinique d’un patient, une lecture qui m’a rappelé quelque chose. Ce carnet de bord personnel n’a pas de valeur scientifique. Il a une valeur clinique : il me rappelle que la psychothérapie ne se passe pas uniquement dans le bureau.
9h00 — Les premières séances : la matinée en cabinet
Ma première séance commence à 9h. Je reçois en moyenne quatre à six patients par jour, avec des créneaux de cinquante minutes séparés par dix minutes de transition. Cette organisation n’est pas un choix de confort — c’est une nécessité clinique. Ces dix minutes servent à écrire quelques mots sur la séance qui vient de se terminer, à laisser redescendre ce qu’elle a activé en moi, et à me recentrer avant d’accueillir la personne suivante.
Le matin, je tends à recevoir les patients qui me demandent le plus d’attention soutenue — les suivis complexes, les situations de crise, les personnes en début de thérapie. J’ai plus de ressources attentionnelles en début de journée, et certains patients méritent que je sois à mon maximum.
| Moment | Contenu type |
|---|---|
| 9h00 – 9h50 | Séance 1 — suivi régulier, patient en cours de thérapie |
| 10h00 – 10h50 | Séance 2 — première consultation ou situation complexe |
| 11h00 – 11h50 | Séance 3 — couple ou adolescent |
| 12h00 | Pause — notes, facturation, messages |
Ce qui se passe réellement dans ces séances varie considérablement. Un lundi matin peut commencer par un patient qui arrive en pleurs sans savoir pourquoi, suivi d’un autre qui veut « juste parler » et finit par toucher quelque chose qu’il évitait depuis des mois, puis d’un troisième qui résiste — qui parle de tout sauf de ce qui le fait souffrir, et avec qui la séance entière se joue dans cet espace entre ce qui est dit et ce qui ne peut pas encore l’être.
Chaque heure est différente. C’est ce qui rend ce métier épuisant — et irremplaçable.
12h30 — La pause du milieu de journée
Je mange seule, presque toujours. Non pas par isolement, mais parce que cette heure m’appartient. Après une matinée de trois ou quatre séances, j’ai besoin d’un espace qui ne soit pas une relation d’aide. Je lis, je marche, j’écoute de la musique. Parfois je ne fais rien de particulier.
Cette pause est aussi le moment où je règle une partie de l’administratif urgent : répondre aux messages de patients, confirmer des rendez-vous, traiter les demandes de premières consultations. Je consacre en moyenne trente à quarante minutes par jour à cette gestion administrative — moins que beaucoup de professions libérales, mais c’est un temps que les formations ne mentionnent jamais, et qui existe bel et bien.
Pourquoi se former au CRESP ?
+ 20 ans d'expérience
Nos programmes allient savoir-faire éprouvé et expertise pour vous offrir une formation de premier choix en psychologie.
+ 10 000 étudiants
Notre équipe de formateurs est composée de professionnels spécialisés et reconnus ; elle a formé des milliers de professionnels de la psychologie.
100% satisfaits
Rejoignez la communauté des étudiants satisfaits qui ont bénéficié de nos formations de haute qualité en psychologie.
Contactez nous
14h00 — L’après-midi : séances, variété et gestion de l’énergie
Mes créneaux de l’après-midi sont souvent organisés différemment du matin. J’y place davantage de séances de suivi stabilisé — des patients avec lesquels la relation thérapeutique est bien installée, le rythme connu, le travail en profondeur. Pas parce que ces séances sont moins importantes, mais parce qu’elles demandent une attention différente.
J’y intercale aussi, deux à trois fois par semaine, ce que j’appelle des « séances de bilan » — des premières consultations longues (1h30), où je rencontre un nouveau patient pour la première fois. Ces séances sont à part. Elles exigent une présence totale, une capacité d’écoute sans filtre, et une prise de décision clinique en temps réel : est-ce que je peux accompagner cette personne ? Suis-je la bonne thérapeute pour elle ? Y a-t-il une urgence que je dois orienter ailleurs ?
Ce dernier point est souvent sous-estimé par les praticiens débutants : savoir orienter un patient vers un autre professionnel — psychiatre, médecin, service d’urgence psychologique — est une compétence clinique à part entière. Ce n’est pas un échec. C’est un acte de responsabilité.
17h30 — La fin de journée clinique : les notes de séance
Quand le dernier patient est parti, je n’allume pas mon téléphone tout de suite. Quinze à vingt minutes de notes. Pas des comptes-rendus exhaustifs — des notes cliniques synthétiques : ce qui s’est passé, ce qui m’a frappé, ce qui reste ouvert, ce que je veux explorer la prochaine fois.
Ces notes ne sont pas pour le patient. Elles sont pour moi. Elles m’aident à ne pas perdre le fil d’une thérapie longue, à repérer des patterns sur plusieurs séances, à rester intellectuellement présente au travail en cours avec chaque personne — et pas seulement dans le moment de la séance.
Certains praticiens ne prennent pas de notes. C’est un choix valide. Personnellement, je ne pourrais pas fonctionner sans.
18h00 — L’administratif, la facturation, le cabinet
Une heure environ, deux à trois fois par semaine, est consacrée à la gestion du cabinet. Facturation, suivi comptable, mise à jour de l’agenda, communication éventuelle. Ce volet administratif est celui que les formations évitent le plus souvent de traiter, et celui dont les praticiens débutants se plaignent le plus. Mal géré, il génère du stress et des impayés. Bien structuré — avec un logiciel de facturation adapté, un agenda clair, une tarification assumée — il prend peu de place et ne perturbe pas le reste.
| Tâche administrative | Fréquence | Temps moyen |
|---|---|---|
| Facturation et encaissement | Quotidien | 15 min |
| Gestion agenda et confirmations | Quotidien | 15 min |
| Comptabilité et déclarations | Mensuel | 2h |
| Communication / visibilité | Hebdomadaire | 30 min |
| Gestion des impayés | Ponctuel | Variable |
La supervision : pas une séance parmi d’autres
Une à deux fois par mois, je me rends en supervision. C’est une donnée structurelle de mon exercice, pas un bonus que je m’accorde quand j’en ai envie.
La supervision, c’est un espace où un praticien présente des situations cliniques à un superviseur expérimenté pour en examiner les enjeux — le contre-transfert, les points aveugles, les résistances, les impasses thérapeutiques. Ce n’est pas de la thérapie personnelle. Ce n’est pas du coaching. C’est un espace de travail clinique sur le travail clinique.
Après vingt ans de pratique, j’y vais encore. Parce que certains patients activent des choses en moi que je ne verrais pas seule. Parce que la complexité de certaines situations dépasse ce qu’un regard solitaire peut tenir. Et parce que la supervision est l’espace où je reste une praticienne qui apprend, et non une praticienne qui pense déjà tout savoir.
C’est, je crois, l’une des choses les plus importantes que je transmets à mes étudiants au CRESP : la supervision n’est pas le signe que vous ne maîtrisez pas votre métier. C’est le signe que vous le prenez au sérieux.
Ce que cette journée dit du métier
Ce portrait d’une journée type révèle quelque chose que les fiches métier ne disent jamais vraiment : le psychopraticien libéral n’est pas seulement un thérapeute. C’est aussi un chef d’entreprise, un administratif, un clinicien en formation permanente, et un sujet qui doit prendre soin de lui pour prendre soin des autres.
| Activité | Part du temps de travail |
|---|---|
| Séances cliniques | ~55 % |
| Préparation et notes | ~15 % |
| Administration et facturation | ~15 % |
| Supervision et formation continue | ~10 % |
| Temps personnel de décompression | ~5 % |
Ce métier est prenant. Il est aussi, quand il est exercé avec rigueur et dans de bonnes conditions de formation, profondément satisfaisant. Les patients qui progressent, les thérapies qui aboutissent, les moments où quelqu’un comprend quelque chose de lui-même qu’il n’avait jamais vu — ces moments-là ne se mesurent pas. Mais ils sont réels, et ils constituent le cœur de ce que je fais depuis vingt ans.
Pourquoi se former au CRESP pour exercer ce métier
La formation Psychopraticien du CRESP ne se limite pas aux techniques d’accompagnement. Elle inclut un module complet sur l’installation en cabinet — gestion, communication, facturation, positionnement — parce qu’un psychopraticien compétent doit maîtriser l’ensemble de ce que représente son exercice, pas seulement la partie clinique visible.
Le Cresp est un organisme certifié Qualiopi, ce qui garantit la qualité du processus de formation et ouvre l’accès à certains financements publics (France Travail, OPCO, employeur). La formation est entièrement en distanciel, avec des rentrées chaque mois.
Envie de discuter de votre projet ?
Notre équipe est disponible pour échanger avec vous : financement, rythme d’étude, choix de formation… Nous répondons à vos questions et évaluons avec vous votre situation personnelle.
Vous pouvez prendre RDV avec un conseiller pédagogique du CRESP dès maintenant en choisissant un créneau pour être rappelé.e :
Conclusion
Une journée de psychopraticien libéral, ce n’est pas une succession de séances. C’est un tissu de temps cliniques, de temps de préparation, de temps administratif et de temps personnel — tous nécessaires, tous interdépendants.
Ce que les formations sérieuses apprennent, c’est justement à articuler ces différentes dimensions. À être un thérapeute compétent, certes. Mais aussi quelqu’un capable de construire une activité durable, organisée, et soutenable dans le temps.
📎 Découvrir la formation Psychopraticien du CRESP
📩 Demander le programme détaillé ou un rendez-vous avec un conseiller
Nous répondons à vos questions:
Nos formations sont ouvertes à tous et toutes, sans diplôme préalable. Que vous soyez en reconversion, en cours d’étude en psychologie ou professionnels issus d’horizons variés souhaitant enrichir vos compétences en psychologie, le CRESP s’adresse à toute personne curieuse de comprendre le fonctionnement psychique humain, que ce soit par simple intérêt intellectuel, pour en faire un métier, ou pour perfectionner des compétences déjà acquises.
L’admission est principalement basée sur votre motivation et vos aptitudes en écoute, communication et réflexion. Vous serez invité à remplir un formulaire gratuit (environ 15 minutes) qui nous permet d’évaluer votre profil. Une réponse personnalisée vous sera adressée par email dans les 2 jours ouvrés.
Absolument. Grâce à notre format distanciel asynchrone, vous pouvez étudier à votre rythme, quand vous le souhaitez, sans avoir à poser de congés. Cela vous permet de concilier vie professionnelle, engagements personnels et montée en compétences.
Nos formations se déroulent en distanciel. Les cours sont principalement pré-enregistrés et accessibles 24h/24, 7 jours sur 7 via une plateforme dédiée. Vous bénéficiez également de visio-sessions hebdomadaires interactives pour échanger en direct avec vos formateurs et vos pairs et d’un suivi personnalisé, pour un apprentissage adapté à votre rythme et à vos contraintes.
Des rentrées ont lieu tous les mois, de septembre à juin pour la plupart des formations, et toute l’année pour la formation de psychopraticien, de thérapeute de couple, d’hypnothérapeute et de neurosciences. Vous pouvez choisir de commencer votre cursus directement après votre inscription, ou à une date ultérieure, selon vos disponibilités.
Les visios conférences en direct avec les formateurs n’ont pas lieu pendant les vacances scolaires.
Votre inscription vous donne accès à l’ensemble des cours, aux liens de connexion pour les visio en direct et leurs replays, ainsi qu’à un forum d’échanges avec d’autres étudiants. Vous bénéficiez aussi de l’accès à plus d’un million de ressources documentaires grâce à notre licence couvrant 100 revues de psychologie, ainsi qu’à divers documents et informations complémentaires.
Pour suivre les cours et parcourir les revues, vous aurez besoin d’un ordinateur avec une connexion internet fiable. Pour participer aux visio-sessions, assurez-vous que votre micro, vos haut-parleurs et votre caméra fonctionnent correctement.
• Déjà étudiant du CRESP ?
Nos formateurs et conseillers pédagogiques sont disponibles lors de visioconférences hebdomadaires et par téléphone pour répondre à vos questions, vous guider et vous aider à surmonter les éventuelles difficultés techniques ou pédagogiques. L’équipe du CRESP est basée à Marseille, tandis que nos formateurs enseignent partout en France.
• Futur étudiant en réflexion ?
Vous pouvez prendre RDV dès maintenant avec un conseiller pédagogique, qui pourra répondre à vos questions et vous guider dans l’évolution de votre reconversion.
Certaines de nos formations sont certifiantes : vous recevrez à l’issue de votre réussite, un certificat réalisé en imprimerie. Les formations complémentaires vous permettent de recevoir une attestation. Toutes nos formations sont élaborées par des experts reconnus du domaine, garantissant une solide reconnaissance professionnelle.
Nos formations intègrent des mises en situation concrètes et, pour certains parcours, la possibilité de réaliser un stage en entreprise ou en cabinet via une convention tripartite. Cela vous offre une expérience de terrain indispensable pour ancrer vos acquis.
Nos cursus vous préparent à exercer dans divers domaines de la psychologie, de la psychothérapie et du coaching. Vous pourrez ouvrir votre cabinet, intégrer des structures spécialisées ou travailler en institution, en valorisant une certification reconnue dans le secteur.
L’admission se fait en ligne via via un formulaire qui dure environ 15 minutes. Une fois votre candidature traitée de manière personnalisée, nous vous contacterons par email sous 2 jours ouvrés pour vous accompagner dans la suite du processus d’inscription.
Nous proposons des options de financement flexibles et des facilités de paiement adaptées à chaque profil. Vous pouvez régler votre formation mensuellement, sans frais supplémentaire.
Nos formations ne sont pas finançables par le CPF. Mais grâce à son agrément Qualiopi, les financements sont possibles pour les formations du CRESP par France Travail, les OPCO, l’employeur et autres organismes. Parlez leur de nous !
FAQ — Journée type d’un psychopraticien libéral
Combien de patients un psychopraticien peut-il recevoir par jour ?
En cabinet libéral, la majorité des psychopraticiens reçoivent entre quatre et six patients par jour, avec des créneaux de cinquante minutes et des temps de transition de dix minutes entre chaque séance. Au-delà de six patients quotidiens, la qualité de présence tend à se dégrader — la psychothérapie est un travail d’écoute profonde qui demande une disponibilité attentionnelle soutenue. Certains praticiens choisissent de travailler quatre jours par semaine pour préserver cette qualité et éviter l’épuisement professionnel.
Un psychopraticien travaille-t-il seul ou en équipe ?
L’exercice libéral est généralement solitaire dans la pratique quotidienne. Cela ne signifie pas que le psychopraticien travaille sans réseau : la supervision régulière, les échanges entre pairs, les groupes d’inter-vision et les relations avec d’autres professionnels de santé constituent un tissu professionnel indispensable. Certains praticiens choisissent également de louer leur cabinet dans un espace pluridisciplinaire, ce qui crée une forme de proximité collégiale sans pour autant partager les dossiers.
Comment un psychopraticien gère-t-il les situations d’urgence ou de crise en séance ?
La gestion des situations de crise — idéations suicidaires, épisode dissociatif, révélation d’une situation de violence — fait partie de la formation clinique sérieuse. Le psychopraticien doit savoir évaluer le niveau de risque, poser les gestes de sécurisation immédiats et, si nécessaire, contacter en urgence un psychiatre ou le 15. Il ne gère pas ces situations seul : il les contient le temps d’activer le bon relais. C’est précisément pourquoi l’appartenance à un réseau de professionnels de santé est stratégique, pas optionnelle.
Quelle est la part administrative dans le quotidien d’un psychopraticien ?
Elle représente environ 15 % du temps de travail total — soit une à deux heures par jour selon le volume d’activité. Cela inclut la facturation, la gestion de l’agenda, les réponses aux demandes de rendez-vous, la comptabilité et les déclarations sociales et fiscales. Les praticiens qui sous-estiment cette dimension au démarrage se retrouvent souvent débordés dans les premiers mois. Une formation sérieuse intègre ces éléments dès le cursus initial, comme c’est le cas au CRESP avec le module dédié à l’installation en cabinet.
La supervision est-elle obligatoire pour un psychopraticien ?
Pas légalement — le psychopraticien n’est pas une profession réglementée. Mais elle est considérée comme une condition déontologique de la qualité de la pratique par les fédérations professionnelles sérieuses. Un praticien qui n’est jamais supervisé travaille sans regard extérieur sur ses angles morts cliniques, ce qui constitue un risque réel pour ses patients. La supervision n’est pas réservée aux débutants : les praticiens expérimentés en ont autant besoin, pour des raisons différentes — la complexité des cas augmente avec l’expérience, et les contre-transferts ne disparaissent pas avec les années.
La certification qualité a été délivrée au titre de la catégorie d’action suivante : ACTIONS DE FORMATION
Le CRESP est certifié QUALIOPI :
Ce processus officiel de certification dispensé par l’état français vous garantit des formations de qualité et une reconnaissance de votre cursus. Il vous offre aussi la possibilité de faire financer votre formation par différents organismes. (France Travail…)